Lundi 25 mai, le député Bruno Studer, accompagné de l'inspecteur de circonscription, du maire et de l'adjointe à l'éducation, est venu rendre visite aux élèves de l'école élémentaire Prunelliers et prendre la mesure des dispositifs de sécurité sanitaire mis en place.

Une reprise scolaire sécurisée 

Lundi 18 mai, les élèves de CM2 volontaires ont fait leur retour dans les écoles de Bischheim. Après une enquête menée auprès des parents, 294 élèves sur les 1850 de la commune reprendront progressivement les cours dans des écoles réaménagées pour tenir compte des protocoles sanitaires demandés par l’éducation nationale.

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Revenir ou pas à l’école ? C’est la question que se sont posés les parents et leurs enfants auxquels cette possibilité était proposée en fonction des classes de niveau des élèves. Pour les enseignants et les services de la ville (en charge des infrastructures scolaires et de la gestion du périscolaire), la question ou plutôt les questions étaient tout autre et les soucis de mise en œuvre multiples.

Des écoles totalement réorganisées

À Bischheim, le calendrier de la reprise scolaire a été reporté pour permettre aux enseignants et aux agents municipaux de nettoyer, aménager les salles de classes, mettre en place des sens de circulation, des parcours dans la cour de récréation, organiser les passages aux toilettes, les prises de repas, … selon un protocole sanitaire strict et très complet. Ce que confirme Patrice Martinez, directeur de l’école République pour qui, « l’essentiel du travail d’organisation a eu lieu la semaine du 11 au 15 mai ». Une organisation qui varie en fonction du nombre d’élèves accueillis, de la taille des salles de classe ou tout simplement des bâtiments. À l’école République où il y a deux escaliers pour se rendre aux étages il est plus aisé d’organiser les circulations qu’à l’école St Laurent, dotée d’un seul escalier par exemple. Chaque école a relevé ces petits défis, avec beaucoup de pragmatisme et d’inventivité et ce, dans les moindres détails.

Des cours en classe et à distance

Le nombre d’élèves susceptibles de revenir en classe connu, il a aussi fallu organiser le planning des enseignants car tous ne peuvent revenir travailler dans les écoles, pour des raisons de santé (personnelle ou de leurs proches), de garde d’enfants, mais aussi parce que les cours à distance se poursuivent pour les élèves qui ne sont pas revenus, quelle qu’en soit la raison. Une enseignante de CP bilingue de République doit  ainsi gérer 52 élèves à distance par exemple. Sur place, les groupes sont en moyenne de 8 à 10 élèves dans les écoles. « On ne parle plus de classe mais de groupe étanche » expliquait l’inspecteur de circonscription Christophe Gleitz. En d’autres termes, chaque groupe d’élèves passe la journée ensemble, sans côtoyer ou se mélanger à d’autres. L’objectif étant d’éviter la multiplication des contacts.

Témoignages

Amélya et Reda ont fait leur « rentrée » en CM2 lundi à République, comme 21 autres élèves. Leurs sacs et leurs affaires ont été désinfectés à l’entrée et resteront sur place jusqu’à la fin de l’année. Dans un coin de leur classe, les affaires de leurs camarades, restés à la maison, sont soigneusement empaquetés avec leur nom. Ils seront remis à leurs parents, plus tard. « Pendant près d’une heure, on nous a expliqué les gestes barrières et toutes les nouvelles règles » confie Amélya. « Ça s’est bien passé mais le plus pénible, c’est les files d’attente dès que l’on sort de la salle et aussi de se laver tout le temps les mains. C’est un peu bizarre quand même tous ces changements  » poursuit Amélya, contente d’être revenue, même si elle n’a pas retrouvé ses copines. Sa maman Ginette lui avait demandé son avis : « je n’avais pas trop de craintes car je fais confiance à l’école et je sais qu’ils ont fait le maximum. Amélya n’avait pas trop peur. Les gestes barrières sont bien ancrés, je ne suis pas inquiète. Et puis, Amélya est sortie lundi en disant que cela lui avait fait du bien. Mon 2e enfant va reprendre le 25 mai et je suis rassurée ».

Belal, papa de Reda, a beaucoup hésité avant de remettre son fils à l’école. « Ma femme est infirmière et je suis chauffeur routier. On a continué à travailler tout en accompagnant quotidiennement nos enfants sur le plan scolaire. On a longuement réfléchi mais on s’est dit que c’était important pour Reda de revenir car l’année prochaine, il va au collège. Par ailleurs, on a observé un confinement très strict. Il a besoin de ressortir. Notre fille Marwa est en CM1 et devra, elle, rester à la maison ». Des propos confirmés par Reda : « je n’en pouvais plus des devoirs à la maison. C’est plus facile en classe, surtout que je suis en bilingue allemand. Et puis, je suis content d’avoir retrouvé des copains même si la récré, ce n’est pas pareil. Mais, on a trouvé des jeux à faire à distance ».

À chacun ses choix

Beaucoup de parents qui pouvaient scolariser leurs enfants (pour certaines classes d’âge ce n’est pas possible) ont fait le choix de ne pas les remettre à l’école pour diverses raisons. C’est le cas de Cindy, maman de 4 enfants dont 3 scolarisés : « je n’avais pas envie. J’ai deux enfants asthmatiques dont l’une sévèrement et j’ai un peu peur. Comme je ne travaille pas actuellement, j’ai pu bien m’organiser pour les cours à distance. Cela fonctionne bien. Je n’ai pas envie de prendre de risques ».

Aujourd’hui 25 mai, l’école République devrait compter 67 élèves avec le retour des CP et du groupe ULIS. Une classe a également été prévue pour les enfants de personnels prioritaires car le dispositif mis en place à Exen par les 3 communes pendant le confinement (Bischheim, Schiltigheim, Hoenheim) a été supprimé. « Il y aura également des enfants d’enseignants. Ce sera un groupe de différents niveaux (CP, CE1 et CM1) » explique Patrice Martinez pour qui, ces deux premiers jours d’école se sont bien passés. « Les élèves respectent bien les consignes dans l’ensemble. Ma seule crainte, c’est sur la durée. On verra ! Il faut s’adapter à toutes ces contraintes tout en essayant de combler l’aspect non chaleureux de cet accueil scolaire» conclut le directeur.

Reprise scolaire en chiffres

  • Lundi 18 mai : 61 élèves de CM2 sur 211
  • Lundi 25 mai : 80 élèves de CP sur 237 et 19 élèves d’ULIS (élèves en situation de handicaps) sur 34
  • Jeudi 28 mai : 91 élèves de grande section sur 208 et 43 de CE1 sur 132 des quartiers prioritaires Prunelliers et At Home.